Plantes Aquatiques

Quelle plante choisir pour purifier l’eau de manière naturelle?

Plantes aquatiques purifiantes : les meilleures espèces pour filtrer l’eau naturellement dans un bassin, un étang ou un système de phytoépuration. Découvrez les plantes immergées, flottantes, émergentes ou comestibles qui éliminent nitrates, phosphates, métaux lourds et bactéries.


Plante purifiante : la solution verte pour une eau propre


Contexte et utilité des plantes purifiantes

La pollution de l’eau douce constitue une menace croissante. En France, près de 70 % des cours d’eau présentent des niveaux préoccupants de nitrates ou de résidus de pesticides. Au niveau mondial, plus de 2 milliards de personnes consomment une eau contaminée. Face à ces enjeux, certaines plantes jouent un rôle essentiel : elles permettent de filtrer, clarifier et oxygéner l’eau naturellement, tout en favorisant un écosystème sain. Ce procédé naturel, appelé phytoépuration, repose sur des végétaux aux propriétés filtrantes, capables d’absorber les excès de nutriments, les bactéries pathogènes, les métaux lourds et autres polluants organiques.


Classification des plantes purifiantes

Les plantes filtrantes se divisent en trois grandes catégories selon leur position dans l’eau : immergéesflottantes et émergentes.


Plantes immergées

Ceratophyllum demersum (cornifle d’eau)
Plante submergée à croissance rapide, elle capte nitrates, phosphates et inhibe les algues. Elle ne s’enracine pas et se développe librement. Elle est efficace pour l’oxygénation de l’eau.

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Cabomba caroliniana
Plante ornementale idéale pour les petits bassins. Elle purifie l’eau en profondeur et favorise la biodiversité.

Conditions de culture optimales
Profondeur : 40 à 100 cm
Température idéale : 16 à 24 °C
Exposition : mi-ombre à ensoleillée
pH : 6,5 à 7,5


Plantes flottantes

Eichhornia crassipes (jacinthe d’eau)
Plante flottante absorbant efficacement nitrates, phosphates et métaux lourds. Elle peut réduire jusqu’à 92 % d’azote et 75 % de phosphore. Très utile pour clarifier l’eau rapidement. À utiliser uniquement dans des zones contenues, car elle peut devenir envahissante.

Lemna minor (lentille d’eau)
Plante miniature flottante qui colonise les surfaces riches en matières organiques. Elle limite l’ensoleillement et ralentit la prolifération des algues.

Conditions de culture optimales
Profondeur : surface uniquement
Température : 18 à 30 °C
Exposition : ensoleillée à mi-ombre
pH : 6 à 8


Plantes émergentes

Typha latifolia (massette)
Grande plante de marais aux racines puissantes, capable d’absorber cadmium, zinc, plomb et nitrates. Elle structure les berges et sert de barrière anti-érosion.

Juncus effusus (jonc diffus)
Très esthétique, il absorbe zinc, cuivre et certaines bactéries. Adapté aux berges et zones de transition.

Iris pseudacorus (iris des marais)
Fleurie et filtrante, elle fixe les nutriments excédentaires tout en attirant les pollinisateurs. Très rustique.

Conditions de culture optimales
Profondeur : 0 à 30 cm
Température : 5 à 25 °C
Exposition : ensoleillée
pH : 5,5 à 8


Plantes spéciales et rares

Mentha aquatica (menthe d’eau)
Très efficace contre les bactéries pathogènes comme E. coli ou Salmonella, elle agit aussi sur le zinc. Elle peut être cultivée en bord de berges, ou utilisée en décoction pour purifier l’eau.

Warnstofia fluitans
Mousse aquatique nordique capable d’absorber 80 % de l’arsenic en moins d’une heure. Idéale pour les zones contaminées.

Polygonum odoratum (menthe vietnamienne d’eau)
Plante comestible et filtrante, elle absorbe les nutriments tout en apportant un effet ombrageant. Très utile en aquaponie.

Azolla filiculoides (fougère flottante)
Capte efficacement les métaux lourds et participe à la réduction des nitrates. Se multiplie facilement.


Plantes terrestres à usage coagulant

Certaines plantes utilisées sous forme de poudre ou d’extrait possèdent des propriétés coagulantes naturelles, permettant de clarifier l’eau.

Moringa oleifera (graines)
Quantité recommandée : 1 à 2 g de poudre pour 1 litre d’eau. Mélanger énergiquement, laisser reposer 30 minutes, filtrer.
Action : fixateur de particules fines et bactéries.

Strychnos potatorum (graines)
Traditionnellement utilisées en Inde pour la clarification de l’eau de puits. Dosage : 2 g/l.

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Phyllanthus emblica et Solanum incanum
Utilisées dans les zones rurales pour assainir les eaux chargées de matières organiques.


Exemples d’installations de phytoépuration

Modèle simple de filtre vertical planté :

  1. Bassin 1 : préfiltration (gravier + sable)
  2. Bassin 2 : plantation de Phragmites australis et Typha
  3. Bassin 3 : finition avec Iris pseudacorus + Ceratophyllum
  4. Déversement dans un bassin tampon ou réutilisation pour arrosage

Ce système permet de traiter les eaux grises d’un foyer (jusqu’à 500 litres/jour) avec une efficacité de dépollution supérieure à 80 %.


Associations recommandées

Bassin décoratif
Iris + Cabomba + Lemna

Aquarium ou aquaponie
Pothos + Menthe vietnamienne + Azolla

Phytoépuration domestique
Typha + Iris + Phragmites + Juncus


Tableau récapitulatif des conditions de culture

Plante Profondeur pH Température idéale Exposition
Ceratophyllum demersum 40-100 cm 6,5–7,5 16–24 °C mi-ombre
Eichhornia crassipes surface 6,4–7,1 20–29 °C plein soleil
Lemna minor surface 6–8 18–30 °C ensoleillé
Typha latifolia 0–100 cm 5,5–8,5 10–25 °C ensoleillé
Iris pseudacorus 0–30 cm 6–8 10–25 °C ensoleillé
Mentha aquatica bordure 6–7,5 12–25 °C mi-ombre

Conclusion

Les plantes aquatiques purifiantes représentent une solution écologique, durable et efficace pour améliorer la qualité de l’eau, que ce soit dans un bassin, un étang, un aquarium ou même un système d’assainissement domestique. Leurs actions combinées sur les nutriments, les métaux lourds et les bactéries permettent d’atteindre un équilibre biologique stable tout en valorisant l’espace naturel. Le choix des espèces doit toujours être adapté à l’usage, au climat, aux contraintes réglementaires et à la profondeur du plan d’eau. Une approche raisonnée et bien combinée garantit une eau plus claire, plus saine et respectueuse de l’environnement.


FAQ complémentaire sur les plantes aquatiques purifiantes


Quelles plantes sont les plus efficaces pour éliminer les métaux lourds comme le plomb, le zinc ou l’arsenic ?

Certaines espèces de mousses aquatiques, comme Warnstofia fluitans et Funaria hygrometrica, sont capables d’absorber de grandes quantités de métaux lourds présents dans l’eau. Warnstofia fluitans, par exemple, peut éliminer jusqu’à 80 % d’arsenic en moins d’une heure. D’autres plantes comme le cattail (Typha) et le jonc diffus (Juncus effusus) absorbent efficacement le zinc, le cuivre et le cadmium.


Quelle plante utiliser pour dépolluer une eau chargée en bactéries pathogènes comme E. coli ou Salmonella ?

La menthe aquatique (Mentha aquatica) est particulièrement efficace contre les bactéries pathogènes. Des études ont montré sa capacité à éliminer des agents comme E. coli et Salmonella grâce à ses composés actifs. Elle est utilisée dans des filtres végétaux pour dépolluer les eaux usées domestiques ou industrielles.

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Peut-on utiliser des plantes purifiantes dans des filtres à double niveau comme ceux utilisés en phytoépuration ?

Oui. Les systèmes de phytoépuration à deux niveaux utilisent souvent des roseaux (Phragmites australis) en premier étage pour le prétraitement des effluents (filtres verticaux avec sable et gravier), suivis d’un étage de finition contenant des iris des marais ou joncs. Ce second niveau complète la filtration en captant les nutriments restants (nitrates, phosphates) et en améliorant l’oxygénation.


Existe-t-il des plantes purifiantes comestibles que l’on peut utiliser dans un étang ou un bassin d’ornement ?

Oui. Plusieurs plantes utilisées pour la purification de l’eau sont également comestibles, comme :

  • Menthe vietnamienne (Polygonum odoratum) : absorbe les nutriments en excès et peut être utilisée en cuisine pour son arôme frais.
  • Cresson de fontaine (Nasturtium officinale) : plante oxygénante et purifiante, comestible en salade.
  • Lebanese Cress (Aethionema cordifolium) : efficace pour l’absorption des nutriments et utilisable en garniture.

Comment intégrer les coagulants végétaux comme le Moringa dans un système de purification de l’eau ?

Les graines de Moringa oleifera sont utilisées comme coagulant naturel : réduites en poudre, elles peuvent être ajoutées à l’eau (1 à 2 g par litre) pour précipiter les particules en suspension. Ce procédé est particulièrement utile en milieu rural ou en l’absence d’infrastructure mécanique. Après agitation et décantation, l’eau devient visiblement plus claire.


Que faire en hiver avec les plantes purifiantes d’un bassin extérieur ?

Certaines plantes comme les phragmites, les iris des marais ou les cattails sont rustiques et résistent à des températures allant jusqu’à -25 °C. Cependant, il est recommandé de :

  • Couper les parties mortes à l’automne.
  • Protéger les paniers de plantation par une toile de jute si nécessaire.
  • Surveiller le niveau d’eau pour éviter le gel complet du bassin.

Les plantes tropicales ou invasives comme le jacinthe d’eau doivent être retirées ou mises à l’abri pendant l’hiver.


Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter avec les plantes filtrantes ?

Parmi les erreurs les plus courantes :

  • Trop peu de plantes pour le volume du bassin, rendant la filtration inefficace.
  • Choix d’espèces inadaptées à la profondeur ou au climat local.
  • Absence d’entretien, provoquant une accumulation de matière organique et des déséquilibres.
  • Introduction de plantes invasives comme la jacinthe d’eau ou l’élodée du Canada dans des zones non contrôlées.

Peut-on utiliser ces plantes dans un aquarium intérieur ou un petit bac ?

Certaines plantes purifiantes sont tout à fait adaptées à un aquarium, comme :

  • Egeria densa : oxygénante et absorbeuse de nitrates.
  • Anubias ou Cryptocoryne : plantes de fond qui limitent les déchets.
  • Pistia stratiotes (laitue d’eau) : flotte à la surface et absorbe les excès de nutriments.

Il est essentiel d’adapter la quantité de lumière, le type de substrat et les températures à l’environnement intérieur.


Quelle plante choisir pour filtrer l’eau d’un ruisseau pollué par une ancienne activité industrielle ?

Dans des cas de pollution minière, des solutions à base de poudres de racines (menthe, renouée du Japon) ont été testées avec succès. Ces plantes peuvent capter zinc, fer, arsenic et autres métaux lourds. On parle ici de phytotechnologies passives utilisant des filtres végétaux dans des circuits fermés ou semi-naturels.


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